Carnets de route/Photos

Au pays du long nuage blanc

Coromandel Roturoa-38

Fumerolles à Rotorua

« On a perdu le 14 mai ! » Gros désarroi en arrivant à Auckland : nous avions quitté Santiago du Chili le 13 au soir, pour atterrir le 15 au matin. Plutôt déstabilisant de franchir la « time line »… pas autant cependant que de récupérer le vélo de Cécile avec une roue pliée en 8 à la sortie de la soute. Premier contact avec Aotearoa, le pays du long nuage blanc en maori, chez Bruce l’artiste du dévoilage de roue : malgré le geste sûr de ses coups de clés à rayons, il n’a rien pu faire, si ce n’est une nouvelle roue montée maison. Sauvés par la caverne d’Alibaba du vélo d’occasion !

Premières sensations

Auckland vue du ferry

Auckland vue du ferry

Passés les premiers frissons mécaniques, nos hôtes Guillaume et Ling nous emmènent skier à Snow Planet, la piste de ski indoor d’Auckland. Kia ora, welcome, bienvenue ! Ça commence très fort. Nos roues et nous regonflés à bloc, deux jours plus tard nous traversons la baie en ferry direction Waiheke Island. Là-bas, nous découvrons une île de beauté parsemée de vignobles, de plages paisibles et de collines paysagères, avec quelques moutons par-ci par-là. Nous atterrissons dans le petit cocon écolo de Bioshelter, une drôle de baraque construite à la mano par le proprio, toute biscornue et pleine de charme. Nous faisons souvent halte dans des backpackers, un mode d’hébergement très en vogue chez les jeunes et les voyageurs. Ici c’est l’hiver et ça fait un peu glagla, alors on est bien contents de dormir au chaud dans ces auberges de jeunesse tout équipées. Faire sa popotte dans une vraie cuisine c’est quand même autre chose que la soupe aux pâtes mijotée sur le réchaud ! Oui, on se réjouit de plaisirs tout simples, on vous l’accorde.

Coromandel Roturoa-10

Sur les sentiers de Waiheke Island

Nos premières sensations en terre kiwi se révèlent inoubliablement déroutantes. Premier dépaysement : changer son rétroviseur de côté car ici on conduit à gauche ! Passer notre premier rond-point est un grand chamboulement mais finalement on s’y fait bien. Il y en a toujours un pour crier à l’autre « à gauche ! » avant de prendre la route, en cas de minute de distraction. La seule chose qui nous colle à la peau est le sens du regard avant de croiser ou traverser une route : à tous les coups on se plante et la voiture n’arrive jamais d’où on l’attend…

Nous découvrons aussi qu’ici quand on nous dit « it’s hilly » (c’est vallonné), l’information est fiable et à ne pas prendre à la légère. Les ponts et chaussées n’ont pas jugé utile de faire des virages dans une piste de décollage pour atténuer la pente, de toute façon en-dessous de 15% aucun panneau n’indique la côte. Voilà comment on termine une petite balade le nez au vent sur les chemins de Waiheke (sublime jusqu’à la baie de Man’o War) avec 1 300 mètres de dénivelé pour 48km au compteur ! Aïe, ça pique.

Arcs-en-ciel à Coromandel

Festival d'arcs-en-ciel

Festival d’arcs-en-ciel

De retour de Waiheke, nous quittons Auckland, la plus grande ville néo-zélandaise, en direction de la péninsule de Coromandel. Entre Hauraki’s Bay et la Bay of Plenty, cette bande de terre conjugue routes de bord de mer, cols et collines, plages paradisiaques, anciennes mines d’or et sources chaudes à tous les coins de village. Pour nous, Coromandel restera pour toujours « rainbow paradise » : on a parfois pédalé des journées entières guidés par un arc-en-ciel, jamais très loin de notre azimut. Simplement magique ! On vous laisse imaginer la schizophrénie météorologique à l’origine de ce festival d’arcs-en-ciels… Jacques Brel l’avait si joliment exprimé lors de ses vœux radiophoniques du 1er janvier 1968 : « Je vous souhaite d’adorer le soleil, sans jamais dénigrer les jours de pluie, car eux seuls donnent naissance aux arcs-en-ciel. »

Vue sur la Bay of Plenty, depuis le Mount Mauganui

Vue sur la Bay of Plenty, depuis Mount Mauganui

Et d’abord, on a trouvé le remède ultime pour oublier qu’une grosse journée de pluie nous attend : la dégustation de moule fumée à 10h du matin ! Si, on a osé. Même que c’était drôlement bon. Aux dires de nos amis Emma et Doug, le poisson fumé de Coromandel était assurément l’attraction à ne pas manquer dans cette petite bourgade maritime. On ne peut que confirmer ! Quelques jours plus tard, à quelques pas de la sublime plage de Papamoa Beach, nous nous sommes régalés d’avocats et de kiwis dorés, fraîchement cueillis. Plus soft et tout aussi délicieux ! On a même eu le privilège de repartir avec la recette de Pavlova de la maman d’Emma (thank you very much !). À guetter très bientôt sur votre blog préféré (oh ça va on peut rire un peu non?) : la recette de ce gâteau typiquement néo-zélandais, tuerie à base de meringue, crème fouettée et fruits frais.

Ça fume de partout

Ton sur ton !

Fumerolles, sources chaudes, piscines de boue bouillonnante, cratères, geysers et lacs volcaniques : à Rotorua, cœur de l’activité géothermique hyperactive du pays, on en a littéralement vu de toutes les couleurs ! C’est extrêmement impressionnant de voir des fumerolles s’élever de partout dans la région, même en pleine ville et aux portes des maisons, ici il ne doit pas y avoir de problèmes de chauffage central… Seul inconvénient, une forte odeur de soufre peu clémente pour les narines. M’enfin le spectacle vaut largement le désagrément olfactif. Cela dit, un premier anniversaire de mariage qui sent le soufre c’est peut-être un peu inquiétant non ?! Pour l’occasion, on a profité des bénéfices prodigués par le bouillonnement terrestre pour s’offrir une petite trempette thermale, parfaite pour la récupération musculaire…

Aussitôt délassés, les vélos ont repris du service pour rallier Waiotapu, le monde des merveilles géothermiques de la Nouvelle-Zélande. Te Ara-Ahi est un circuit cyclable d’une cinquantaine de kilomètres, dont le petit nom est « Thermal by bike ». Cet itinéraire part des terrasses fumantes de Rotorua pour arriver aux piscines de boue bouillonnantes de Waiotapu, « eaux sacrées » en maori. Dans ce parc géothermique multicolore, on déambule entre des rivières chaudes, des terrasses ciselées par les écoulements de silice, les « piscines-champagne », lacs orange et turquoise qui font des bulles, des fumerolles et un lac vert fluo coloré par une forte concentration d’arsenic. À l’image de ce voyage, haut en couleurs !

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8 réflexions sur “Au pays du long nuage blanc

  1. salut les jeunes , formidable tout ça , quel beau périple et par ailleurs , nous suivons aussi Anselme qui est à Buenos Aires depuis mars, moins mouvementé mais trés chouette auussi bises Coco de Courry

  2. Fallait-il que la roue de Cécile fût voilée pour que vous nous dévoiliez ces splendeurs?
    En tous cas je continue de vibrer en lisant vos compte rendus et me régale de vos photos. Et restez bien prudents sur la route. Keep left!!
    Bruno

  3. coucou Cyril, ça faisait un ptit moment que je n’avais pas suivi vos aventures, waouh, ça y est, vous êtes dans la 2ème partie , que ça passe vite! merci pour toutes ces photos splendides que vous nous faites partager, et vivement la prochaine recette! take care tous les 2, et enjoy!

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