Carnets de route/Photos

100ème jour

Argentine 100-39

Et ça papote…

combien ??? On n’a pas vu filer le temps, mais voilà déjà 100 jours que nous avons enfourché nos fidèles destriers dans le trafic infernal de Lima. En 100 jours dont 69 de vélo, soit 294 heures de selle (reconnaissance éternelle à nos cuissards), on a monté 40 km de dénivelé pour en descendre 38 (remboursez) et on s’est même offert de joyeuses infidélités cyclistes avec 3 balades à cheval (malgré tout, la Zouille forever). Aux dernières nouvelles, on vous a quittés mal en point sur les pistes cahoteuses/chaotiques de Bolivie… Depuis, on a bien bourlingué en Argentine. Première chose, on s’est habitué au chuintement de la langue. Ici, le son « y » se prononce en un mix de « j » et de « ch ». Du plus pur style andalou, ils s’allègent aussi d’un certain nombre de « s » en parlant. Cyril, véritable éponge linguistique, maîtrise parfaitement le « vamo’ a la plajcha » ! (pour l’exemple, car bon la plage hein, comment dire…)

Chemin faisant du Nord au Sud, on a emprunté quelques tronçons de la route 40. Au long de 5 301 km (tout nouveau kilométrage incluant notamment la route des sept lacs dont on vous reparlera), cette route mythique relie les deux extrémités du pays, de la frontière bolivienne à la Patagonie. Changements de décor assurés !

Couleurs naturelles et folkloriques

Argentine 100-1

Quebrada de Humahuaca… couleurs naturelles

Côté paysages, on a fait le plein de fonds d’écrans, pour tous les goûts et les couleurs… Peu après le passage de la frontière Villazòn/La Quiaca, la Quebrada de Humahuaca nous a bien bluffés, avec ses montagnes qui se parent de vert, de gris et d’orange pour agrémenter la route. Un peu les mêmes couleurs que les spotlights du festival électro de Humahuaca, c’est bien fait hein… Décalage horaire oblige (les Argentins dînent en moyenne vers 21-22h) les décibels sont montés pile quand nous sombrions dans notre sommeil profond… ! Petit 1, non on n’était pas sur le dancefloor, petit 2 dans le creux de la vallée les baffles portaient à peu près partout, notamment jusqu’à notre tente.

Quelques jours plus tard, on a retrouvé la beauté fascinante des quebradas (canyons) sur la route de Cafayate, dans la Quebrada de las Conchas. Indescriptible, grandiose, en bref « espectacular » ! Dans cet environnement minéral coloré, les formes géologiques improbables ont reçu des petits noms : la Gorge du Diable, l’Amphithéâtre, le Château… On y conseille vivement le bivouac, mémorable !

Argentine 100-21

Carnaval de Cafayate… couleurs folkloriques

Arrivés à Cafayate, notre première région viticole, on a testé la clôture du carnaval. Le principe : asperge qui tu peux de mousse et de peinture, puis fignole avec une petite couche de farine. Le « qui tu peux » incluant forcément le touriste qui vient ingénument faire un tour à la petite fiesta de quartier et repart tout pinturluré ! On s’est quand même débarbouillés avant d’aller visiter le musée du vin où on a compris que c’est grâce au duo « caliente le jour / frisquet la nuit » qu’ils font un des meilleurs vins du monde (on résume le propos). Faut avouer, le Torrontès est un vin blanc carrément exquis… On reviendra sur le sujet viticole, promis !

la fete de la pachamama

Pendant ce temps-là, à Amaiche del Valle…

Culte de l’asado
Avant de vous entretenir piquette prochainement, on va un peu causer barbaque si vous voulez bien. Ce n’est pas une légende, la nourriture de base de tout Argentin qui se respecte est bel et bien la viande rouge ! Depuis notre entrée dans le pays, on fait le plein de protéines de haut niveau… La convivialité allant souvent de pair avec la bonne chair, ils ont élevé l’« asado » (barbecue) au rang de patrimoine national. Il faut le voir pour le croire, mais c’est un pilier indéniable de la culture argentine. Dans les parcs nationaux entre autres, certains aires sont aménagées exprès : on y voit des familles ripailler joyeusement autour du feu de joie et des grillades à gogo. Grand principe qui nous a été transmis par el señor Cato, le roi du « chancho » (cochon de lait) : l’asado dans les règles de l’art se fait au bois, surtout pas au charbon malheureux ! Dans tous les campings, chaque parcelle est équipée d’un « fogón » (foyer) et d’une grille perso, en plus d’un espace collectif avec tables et bancs, éclairé jusqu’à minuit. On a vite pris le pli et un soir, un jeune copain de grillade nous a lancé, sincèrement étonné : « ah mais je croyais qu’il n’y avait que les Argentins qui faisaient des asados ! ». On peut dire aussi « parilla » (grillade). Dites « parrijcha », pour faire local.

Argentine 100-40

« Adoptez-moi » se barre systématiquement au moment de la photo

Bestiaire
Au Pérou, on n’avait cessé de faire la course avec des chiens aux intentions peu avouables à l’égard de nos mollets… Voilà-t-y pas qu’en Argentine, on ne rencontre que des chiens du modèle « pot de colle mais gentil ». Picnic, bivouac, siesta, à tout moment de la journée, nous voilà flanqués d’un de ces sympathiques toutous. Nous les baptisons invariablement « Adoptez-moi », ce que dit très clairement leur regard implorant. Si on craque pour les caresses, on partage assez peu notre croûte (soyons prudents, la fringale n’est jamais loin…).

Argentine 100-8

Belle bête !

Au long de quelques centaines de kilomètres d’immenses lignes droites très (trop) plates, on a parfois bivouaqué où on pouvait, notamment dans une oliveraie et in the middle of the pampa. Signe distinctif de ces campements sauvages : quelques minutes avant, le hasard a mis sur notre route des bestioles peu avenantes. Tomber sur un iguane, une mygale ou un serpent au moment où tu cherches un coin dodo, c’est pas glop… Plus réjouissant, on a plusieurs fois surpris de jolis renards en fuite et même un tatou (ici on dit un quirquincho).

Sans hésitation, le plus gros dépaysement s’est révélé dans les airs : les perruches font des meetings aériens au-dessus de nos têtes, les perroquets caquètent (mais ils ne disent pas « Ich liebe dich » ni « Te quiero », à notre grand regret), les faucons pillent les restes de picnic et les bandurrias nous épatent, avec leur grand bec courbé et leur cri proche d’un bruit de tuyauterie. Dur dur de les immortaliser en photo tous ces piafs… ! Depuis quelques jours, nous sommes en Patagonie et l’emblème des parcs nationaux (qui rappellent fort Yellowstone, bisons et geysers en moins) est la loutre… On les a déjà entendues « miauler » (c’est troublant, on a failli chercher le chaton planqué dans les buissons), mais impossible d’apercevoir le bout de leurs moustaches !

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8 réflexions sur “100ème jour

  1. Waouw ! Splendide ! ça donne carrément envie d’explorer cette partie du monde !
    Vivement vos prochains articles ! 🙂 Continuez à nous faire rêver please ! 🙂

  2. Ne trouvez-vous pas que la Quebrada de Humahuaca ressemble à une boîte de macarons pistache-praliné-chocolat? Et est-ce un mirage, ou vous avez dégoté une 4L? Quelle voiture formidable, on la retrouve partout!

  3. Comme Cyril porte LE maillot, je me demande si vous allez rouler comme des dieux en tri ou si vous êtes over-dieselisés…

  4. c’est toujours avec autant de plaisir que je vous lis et admire vos superbes photos. je voyage un peu avec vous et je rêve !
    Françoise

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