Carnets de route/Photos

Bolivian freeride

Salar Freeride-52On ne vous a pas raconté notre dernière folie cycliste ? Embarquez avec nous pour un road-trip « into the wild » à la bolivienne… du grand n’importe quoi ! Après l’escapade sur le Salar, l’idée était au départ de contourner le désert du Lipez, dont la traversée est une véritable épreuve à bout de mollets ; on avait grandement étudié la question car cette partie de l’itinéraire nous préoccupait un peu. On s’est définitivement décidés à l’éviter en rencontrant à Uyuni deux grands gaillards complètement lessivés, et un peu hagards, après 12 jours de traversée. Le terrain très hostile et le manque de vivres avaient sévèrement usé leurs organismes… Ok ok on prend le chemin le plus court vers l’Argentine, via Tupiza, ville du sud-est bolivien. On n’a pas été déçus du voyage…

Prologue salé
Salar Freeride-25On ne pouvait pas ne pas rouler sur le Salar… même si tout le monde nous le déconseillait, allant jusqu’à invoquer 20 cm d’eau sur toute sa superficie. Pffff, il en fallait plus pour vaincre un vague entêtement dont nous ferions preuve aux dires de certains. Nous commençons par une mise en jambes de 25km de sable/tôle ondulée ; un avant-goût des jours à venir, mais à ce moment-là on ignore tout de notre sort. Puis on est pris d’un vieux doute en arrivant à l’entrée du désert de sel, qui s’étale devant nous sous forme d’immense flaques qui bloquent apparemment tout passage. Hum hum. Heureusement que de gentils conducteurs de 4×4 (véhicule incontournable pour les tours operators) nous indiquent où passer sans trop s’enfoncer, nous disant que plus loin c’est sec. « Euh ça dépend, plus loin sur une ligne droite de 70 km ça fait combien ? » est-on tenté de demander, mais on ne va pas faire les difficiles. Après quelques centaines de mètres dans du sel de moins en moins humide, nous voilà partis pour tracer certainement la plus parfaite ligne droite de notre itinéraire !

Nous dormons sur la isla Incahuasi, seuls avec les habitants, parmi lesquels Aurelia y Alfredo. En 1987, ce dernier fut surnommé El Loco – le fou – lorsqu’il s’y installa seul, dans une grotte. Ce couple adorable nous a aidés à planter la tente sous un vent monstrueux, avant de nous confier leur livre d’or, spécialement réservé aux cyclos ! Cœur cœur. C’est la première fois que nous rencontrons des gens aussi sensibles au voyage à vélo, qui comprennent notre envie de lenteur et de liberté. Quelques heures plus tard, le réveil sur un miroir d’eau où se confondent ciel et terre, ou plutôt ciel et sel, valait bien une petite nuit de sommeil sous des trombes d’eau. On laisse parler les photos sur ce coup-là…

En mode hors-pistes
Salar Freeride-48Le surlendemain, nous quittons Uyuni, ville coincée entre un désert de sel et un désert tout court, pour 200 kilomètres en direction du sud, toujours le sud (objectif Patagonia oblige !). De la boue, des cailloux, des ornières, du sable (mou, profond, sinon c’est trop facile) et surtout… de la tôle ondulée mesdames et mesdames !! Mais au moins, c’est plat. Enfin le premier jour. Sur les quatre. Ah ça pour sûr on a vu du pays ! Revenons aux conditions de circulation d’un vélo de rando surchargé sur des pistes pour le moins instables. Les plus perspicaces auront deviné que c’est bien mais pas top. M’enfin, on a pris notre mal en patience et on a eu le temps de faire coucou aux lamas, aux bébés lamas, aux mamans lamas… bref vous saisissez l’idée. Le premier soir, nous avons été gentiment hébergés dans une maisonnette de village inoccupée. Le deuxième jour, surprise voilà que l’on passe de la pampa peuplée de lamas à des paysages de western désertique (par désertique, comprendre sans cowboys… déception). Et ici ou là, une dune ! Va savoir comment ni pourquoi ? Aussi déconcertant que joli. Et comme souvent quand c’est beau, ça monte ! Fin des grandes lignes droites plates, on se remet à mouliner… Hélas après ces paysages merveilleux, on a atterri à Atocha, village minier un peu glauque. Le lendemain on reprend notre route qui joue à « Qui veut gagner du dénivelé », sans oublier de nous tanner avec des paquets de sable et quelques mètres lisses entre les portions de tôle ondulée. Offusqué, un moyeu de roue s’en est dévissé à force de brinquebaler.

Apothéose
Salar Freeride-47La fin du 3e jour de wild-ride nous a menés dans un campement de mineurs. Sans doute un peu émoussés par notre journée, voilà-t-y pas qu’on choisit d’y planter la tente… en plein milieu. Bah quoi c’était le seul endroit plat. Sinon c’était cailloux et pentes. Bref, le milieu c’était pile poil entre les baraques des mineurs (qui, un peu éméchés, nous parlaient en morse avec leur frontale) et l’entrée de la mine. Avec des tours toutes les 6h. Autant dire qu’on les entendait bien partir bosser avec leur transistor à fond autour du cou… ! On a bien suivi le rythme de vie du campement, peu occupés à dormir, tout gastro-hantés que nous étions. Joie. Le lendemain matin, nous attendaient encore 60 km de pistes défoncées, dont encore quelques belles ascensions. À l’agonie, nous voilà en train de héler la première voiture passant dans notre sens… À son approche, le sigle « Policia » se dessine sur le capot du fourgon. Eh oui, on s’est fait rapatrier en panier à salade (sans le pimpon) ! Revisité en essoreuse à salade, d’ailleurs, à fond de train sur les pistes définitivement déglinguées. Notre infidélité au vélo nous coûte toujours très cher… la peau des fesses pourrait-on dire !

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10 réflexions sur “Bolivian freeride

  1. Ça devient abominablement poétique
    Ce seront les meilleurs souvenirs
    Bon courage
    B.

    PS Qui prend les photos de niveau compétition internationale sur le lac salé ?

  2. Coucou tous les 2 et toujours merci pour les merveilleux récits et photos
    C est extraordinaire et Cec a toujours son sourire malgré les embûches
    Bisous

  3. Coucou de votre boulangère préférée enfin je l espère toujours j avoue je vous donne pas beaucoup de nouvelles toujours aussi débordée! !!! Mais je ne rate pas un seul de vos commentaires je prends des nouvelles régulièrement avec la soeur de Cécile
    Trop belles les photos que vous prenez ça fait rêver! !!!
    Continuez a nous faire rêver
    Nathalie

  4. Quand on voit les photos satelltes, en particulier de l’immensité salée, ca fait froid dans le dos ( ou plutot ca fait chaud). C’est pire que dans TINTIN, mais en plus c’est vrai!
    Merci de nous donner les noms des villes, ca aide à vous suivre sur la carte (la puce GPS que j’avais dissimulé dans un vélo semble ne plus emettre. Ou alors y a pas de reseau …)

  5. oh là là trop fou et tellement beau votre périple !! mais quels paysages magnifiques vous nous offrez !! continuez votre belle aventure , on vous suiiiiit

  6. Est-ce qu’après cette folle traversée, la corne sur vos fesses est de même épaisseur que celle des pieds de Clem en été ? A n’en point douter ! Quelles photos ! De toute beauté. N’oubliez pas de garder la santé pour continuer encore aussi loin que vous porteront vos mollets ! Bises à vous deux

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